Les Hoots au didgeridoo

Les survibrations sont appelées en anglais hoot, littéralement hululement ou coup de klaxon
En augmentant la pression du souffle et en pinçant les lèvres, comme dans une trompette, on obtient d'autres notes du didgeridoo. Le bois vibre différemment par rapport à la vibration de base : la vibration plus rapide et généralement moins ample. La première survibration est à peu près deux tons au dessus de la vibration de base, mais sa hauteur exacte dépend du didgeridoo. La deuxième est à peu près à l'octave, les autres encore plus haut.

écouter le son

- Démo hoot -

Comment on fait ?

Pour les survibrations, il faut d’abord bien positionner ses lèvres : la lèvre supérieure vient couvrir la lèvre inférieure. On peut reculer la mâchoire inférieure afin de faciliter cela. La lèvre inférieure se retrouve alors quasiment derrière les dents supérieures, et l’air expulsé n‘a qu’une seul solution : descendre !

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J’avais déjà parlé de la position relative du didje et de la tête, ce qui a pour but unique de plaquer la lèvre supérieure contre la mâchoire du haut : on regarde vers le haut et/ou on baisse le didje (on l’incline vers le bas ou on baisse l’embouchure en gardant la même position des lèvres dedans). Les pros ne bougent quasiment pas la tête ou le didje, et la position des mâchoires semblent alors suffire, c’est ce que j’avais remarqué chez un des joueurs d’Umkulu (un très bon groupe, vivant, qui s’implique à fond et vous implique à fond aussi !).

Un autre ingrédient que j’ai remarqué chez Alan Dargin (mais lui avait un souffle vraiment très puissant), est que l’on peut grimacer pour les hoots, notamment les aigues… Vous savez, quand vous avez tout plein de rides sur le nez, entre les yeux. J’imagine que cela doit aider à tendre la lèvre supérieure. En tous cas, ça marche, surtout quand vos muscles labiaux commencent à fatiguer. D’autre part, il semble (beaucoup) plus facile de faire ce son quand on joue de face, sur un petit didje de diamètre pas trop grand avec une bonne back pressure.

La survibration pépin

La survibration “pépin” s'obtient en faisant le geste de cracher un pépin de fruit : la langue libère brusquement l'air. C'est une forme assez facile à maîtriser et à insérer dans le jeu.
Sans doute en coupant l’air avec la langue, cela crée -mine de crayon- une faible surpression avant le largage !

Certains pensent qu’il faut balancer tout ce qu’on a (ça ne s’appelle pas une survibration pour rien !?), mais ce n’est pas obligé. Au contraire, vous vous apercevrez par la suite que c’est plus la position relative des lèvres qui fait le son de trompette, et qu’il mieux d'apprendre sans souffler fort.
Cela permet effectivement de mieux comprendre le placement des lèvres. Ensuite Patience et Persévérance seront tes nouveaux amis...
Cela dit, lors des hoots pépins dans le jeu traditionnel des aborigènes, on donne parfois un sacré coup de ventre en même temps que l'on libère l'air...

Comment les intégrer au jeu ?

  • en général, on utilise la survibration pépin pour l'intégrer dans le jeu, en insistant bien sur le coupage du son avec la langue, en faisant des p ou des b.Les aborigènes feraient plutôt des dup ou pup, notamment en début de phrasé, avec des dup pu dhrill dhrill etc...
  • si on veut les intégrer dans le jeu normal sans interruption du son, on doit maîtriser le souffle filé, et faire une transition propre entre le bourdon de base et le hoot sans interruption du souffle (contrairement à la survibe pépin). Il y aura des 'pfffffffft' avant et après la survib qui s'estomperont avec la pratique. Pour les éviter, il faut bien sûr serrer et desserrer les lèvres très rapidement, d'où l'importance de connaître le pincement idéal des lèvres afin de réduire ces transitions.

Combien il y en a ?

Il semblerait qu’il existe une multitude de surpressions (Alan Dargin en sortait jusqu’à 7 !!), obtenue en envoyant une plus grande pression dans les aiguës, et en pinçant de plus en plus la lèvre supérieure, ce qui fait que l’air part de plus en plus vers le bas.
Mais cela reste très subjectif: pour une surpression “médiale”, j’ai l’impression que l’air part tout simplement droit devant ! Il faut alors bien s’entraîner à ce que l’air sorte par une petite fente au milieu des lèvres. On peut également faire sortir l’air par le haut : à chacun son feeling.
Certains didjes sortent difficilement plus de 3 hoots, cela dépend de la qualité de fabrication (épaisseur de la paroi, notamment dans le dernier tiers, paroi interne plus ou moins lisse...).
Les hauteurs de tuut varient suivant la pression du diaphragme et des lèvres, on arrive à une technique de trompettiste (qui jouent beaucoup plus serré que les joueurs de didje). Cependant, c’est surtout la pression que l’on est capable d’appliquer aux lèvres en pinceau qui fait le nombre de survibes, et cette pression est directement dépendant des mucles, et donc de l’entraînement !

On pourrait dire aussi qu’il existe une sorte de sous-surpression (assez grave), ou l’air part franchement vers le haut. La technique est de faire une surpression en prenant la position d’une soupression !
De même, je ne sais comment la nommer, mais on pourrait dire qu’il existe une sur-surpression, pas forcément très aiguë, mais vraiment du bout des lèvres, un peu comme des harmoniques, mais en surpression.

Pratique

Si ça n’est pas votre fort, alors essayez de pratiquer un peu la survibration à chaque fois que vous jouez… un minimum. Pour vraiment bien l’apprécier, faites un morceau uniquement en surpression, et si ça ne vous suffit pas, essayez la Panthère Rose, qui vous fera travailler différentes survibrations, ainsi que l’enchaînement entre elles. Et là… ça y est… l’apothéose… En plus, ça vous détend les joues (si survibrations avec joues gonflées), qui n’en seront que plus grosses et élastiques… A quand la grenouille qui se veut aussi grosse que le bœuf ? :tired:
Il est vrai aussi qu’après la première survibration (joues gonflées), on passe souvent directement à la troisième, car la deuxième nécessite d’être plus précis (dans la pression des lévres et du souffle). Puis vient la deuxième, et là encore, faîtes des gammes, en faisant des aller retours I, II, III, II, I, ce qui vous permettra d’apprécier davantage la position nécessaire pour la survibe II.

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Et puis, dernière chose… mettez-vous au clairon ou à la trompette !! Cela vous permettra de muscler vos lèvres et de comprendre la technique des survibes !