Drone

Le bourdon de base ou vibration de base (basic drone en anglais) est obtenu en faisant vibrer les lèvres avec un débit d'air moyen; on se rend tout de suite compte quand on choppe le bourdon car le didje se met à vibrer entre nos lèvres !

Comment sortir son premier son ?

Vous êtes débutant de chez débutant ? Alors c'est parti ! Vous pouvez faire ce qui suit sans le didgeridoo (on parle alors de sourdine), puis avec.

  • Pour sortir votre premier son, faîtes le tracteur ou le cheval (quoi ? vous n’avez jamais fait le tracteur quand vous étiez petit ? impossible !!): faîtes vibrer vos lèvres en de grands mouvements.
  • Souriez, vous êtes filmé ! Tirez sur les commissures des lèvres pour les tendre légèrement (pas trop, voir ci-dessous) et obtenir une vibration un peu plus ordonnée (de plus haute fréquence = un peu plus rapide).
  • Restez zen, car si vous sortez un son proche de la trompette ou du cors suisse, c'est que vous êtes trop crispé, trop pincé des lèvres: relâchez tout ! Profitez-en pour relâchez aussi les épaules, ou tous les muscles contractés qui n'ont pas lieu de l'être.
  • Changez la position des lèvres dans le didje: trop hautes ou trop basses et vous faîtes une survibration sans le vouloir (idem si vous soufflez trop fort) ou une sorte de pet inodore :( . Au bout de quelque temps, vous aurez le réflexe de vous placer directement comme cela vous convient (là encore, on est tous différent), et vous ne perdrez alors plus de souffle à trouver le son fondamental. Vous pourrez alors passer à autre chose (harmoniques, respiration circulaire...).

ASTUCE:

  • Vous pouvez aussi vous humidifier les lèvres, voire les chauffer un peu…(hum…).
  • pour ne pas perdre trop d'air à trouver la vibration et la fondamentale, on donne un coup de langue pour avoir directement une pression suffisante, un peu comme si on crachait un pépin de raisin.

De face ou de côté ?

Polémique encore pour la position : de côté ou de face ? La majorité des joueurs semblent jouer de côté, mais la majorité des joueurs professionnels jouent de face… coïncidence ? Je ne crois pas.
C’est après le deuxième festival d’Airvault que j’ai décidé de jouer de face (après 5 ou 6 ans de côté !!). Au début, c’est très frustrant, puisqu’on a perdu la majorité de notre jeu et de nos réflexes… sauf pour un son :la survibration, qui est en fait beaucoup plus simple de face.

En fait je crois seulement que l’on s’est musclé les muscles labiaux uniquement à droite ou à gauche, et que l’on s’est dilaté et musclé la joue inverse. Ainsi quand je gonflais mes deux joues, la gauche état plus grosse, et j’avais développé surtout les muscles labiaux droits(et les muscles jugaux gauches), puisque je jouais à droite.

Le fait de jouer de face est frustrant au début, mais le fait d’utiliser plus uniformément les deux joues aide beaucoup,notamment lors de la RC, et des woua woua : on a à notre disposition un plus grand volume buccal.
La survibration devient plus simple et également le décalage des deux mâchoires. Les cris sont plus distincts, et le i sort mieux.
Aussi, je conseillerais à tous débutants de jouer directement de face, et aux autres de s’y mettre. Certes c’est difficile et très frustrant au début, mais je crois que personne ne peut le regretter. Le son semble également plus pur.

De plus, certains pro. aborigènes refuseraient de donner des cours à ceux qui jouent de côté… ce qui semble une référence !
D’autre part, quand vous jouez de face et qu’un aborigène essaie votre didje,la première chose qu’il fait est souvent d’agrandir l’ouverture. Aussi, il semble que le jeu de face demande une ouverture légèrement plus grande, ce qui laisse plus de place aux lèvres (mais aussi aux mâchoires) pour se déplacer. En revanche, les harmoniques peuvent paraître plus difficiles car elles demandent une certaine musculature des lèvres, pas forcément encore acquise si l’on vient juste de changer de profil pour le jeu de face.

Au final, jouer de coté au début et pour choper plus facilement les harmoniques, ou dans un didje très grave, pourquoi pas, mais il ne faut pas que cela devienne une habitude, car à la longue, après plusieurs années de pratique, on est forcément dissymétrique aux niveau des muscles du visage. De plus, quand on joue longtemps (1 ou 2 heures) on a une position avec la nuque cassée, ce qui entraine des torticolis...
Donc vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Astuce: quand vous jouez de face ou passez au jeu de face, vous aurez besoin d'une embouchure précise, c'est-à-dire pas trop arrondi vers l'intérieur. De plus, avant de poser vos lèvres, tirez déjà un peu sur vos commissures, ce qui aidera à pallier le manque de muscles... Souriez !

Comment couper le son ?

Quand vous parlez, en fait à chaque syllabes, vous coupez le son que vous produisez. Eh bien c’est la même chose dans le didjeridu : au début vous pourrez coupez le son afin de faire un rythme, sur la même note; puis vous pourrez introduire des notes différentes pour enrichir ce rythme qui deviendra votre premier morceau !

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Le son est coupé en divers endroits de notre bouche (et même du ventre !), et les sons seront alors différents, en fonction du lieu “d’émiettage” du son :

  • la glotte, coupe le son en H (on émet des Heu, Hou…)
  • la partie basale (et aussi le fin fond de la langue au fond de la gorge) de la langue, coupe le son en K
  • la partie terminale de la langue à l’origine des sons en T et D. Mais aussi des sons en L, en la retournant légèrement (voir rétroflex).

écouter le son

- Démo couper le son -

Le ventre peut également couper le son, et on obtient alors un terrible effet de rebondi à la façon yoyo très rapide ou ressort. Là on sent vraiment ses tripes. C’est assez difficile au début de couper le son ainsi… Deux conseils :

  • prendre bien conscience de ce qui se passe (conscience de l’emplacement du diaphragme, de son mouvement…), et de la manière de le faire : c’est exactement comme lorsque vous faîtes le singe (quoi ? Vous ne faîtes jamais le singe ?) Ou ! Ou ! Ou ! Ou ! OU ! OU !
  • s’exercer à le faire, car le diaphragme (et les abdominaux) est un muscle et jamais il ne fera un marathon si vous ne lui en avez pas donné l’habitude. Ainsi arriverez-vous au début tout juste à donner deux impulsions (deux rebonds de diaphragme l'un derrière l'autre), puis trois, puis 4, etc., jusqu’à faire un morceau uniquement avec le diaphragme… Au début, cela vous fera un peu mal, alors allez-y doucement.

La note fondamentale

Le son fondamental semble être toujours présent dans le son global, et l’on peut alors reconnaître la note quelque soit le jeu. La note basale est importante aussi lors de jeu à plusieurs, où il vaut mieux en général que les didjes aient la même note de base; d’où l’intérêt de slide-didje afin de choisir la même note que ses petits camarades :) .

Comme le disait une conférencière lors du 2ème Festival d’Airvault, chaque didje (et instrument de musique en général) a une note de base encore appelée son fondamental ou clé (key). Pour la connaître, il suffit de souffler dans le didje les joues gonflées, sans forcer ni du souffle, ni des lèvres. Il se trouve que de très nombreux didje sont en Fa. Certains disent que les aborigènes préfèrent les dièses,car ils permettent de faire davantage de sons différents.Lors de la conférence, cette dame a parlé également de note fondamentale concernant les humains,en disant que la majorité des humains “étaient” Fa. De là à en conclure que les didje Fa sont -en général- les plus adaptés à la plupart des joueurs,il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas :X .

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Son, note et forme du didje : une relation ?

Avant toute chose, une correspondance des lettre et des clés anglaises (du plus grave au plus aigu):
A (la), B (si), C (do), D (ré), E (mi), F (fa) et G (sol)
Pour les didjes, leur note est généralement plus grave s’ils sont plus grands (voir les variations avec le slide didje, à diamètre intérieur égal) et éventuellement de gros diamètre intérieur, mais tout reste possible, puisque d’autres facteurs interviennent. Ainsi deux didjes en apparence identiques pourront avoir des notes aussi différentes que Do et Fa.
En gros, on peut faire une séparation arbitraire entre didjes graves, moyens et aigus:

  • A et B sont des clés +/- rares: graves et souvent plus difficiles à jouer pour un débutant. Souvent plus lents (du à la taille du conduit), le son est plus dramatique et en général utilisé lors des cérémonies mortuaires traditionnelles par exemple.
  • D, E, F sont plus aigus: en général rapides et plus faciles à jouer ; parfait pour les débutants. Les yidakis sont souvent assez aigus.
  • ré (D) et mi (E) sont des notes intermédiaires; de nombreux aborigènes jouent en ré# ou mi (mais aussi Fa).

écouter le son

- Démo son fondamental -

Gros didjes graves

Certains didjes sont dit “big bore“ (de gros calibre) ou “large bell” (se terminant en une grosse cloche). Ces didjes sont souvent recherchés, notamment pour leur bonne gueule, mais ne sortent pas forcément de meilleurs sons: la preuve, les aborigènes ne semblent pas en être particulièrement friands (j’me trompe ?).
De plus, ce sont en général des didjes assez lourds (pensez au transport !), et qui ont une grande et grosse colonne d’air à déplacer (avec une back pressure faible), et demandent donc pas mal de souffle, à un tel point qu’un joueur m’avait demandé lors du premier festival après un bref essai, si mon didje en Si n’était pas percé ! En revanche, il est vrai aussi qu’ils ont un pur son qui fait vibrer toute la baraque, si bien que les vibrations sont presque trop importantes si l’on joue dans la fameuse baignoire (ou en tous cas dans la douche) !
Les cris sont également plus puissants (inversement pour le son labial), mais ce sont des didjes assez lents, sauf si on souffle comme des malades :Sp .

Petits didjes aigus

Inversement, les petits didjes gagnent en rapidité avec la diminution de leur diamètre (surtout le diamètre du premier 1/3, près de l’embouchure). Ils faut donc vous demander, avant tout achat important (en terme financier), quel est votre type de jeu et donc quel type de didje vous serait le plus adapté, sachant que l’on peut trouver un bon compromis dans un Fa en forme de cône (certains diront en forme de gros joint :evil: ).

La back pressure, c'est quoi ?

La back pressure (BP), parois appelée pression acoustique, représente en quelque sorte la résistance au souffle d'un didje, et donc la facilité avec laquelle on fait la RC sans baisse de régime. Plus il est simple de reprendre sa respiration sans coupure, plus le didj a de backpressure.
Elle dépend du diamètre intérieure (Dint), de la longueur (L) et de la perce:

BP élevée

  • petit Dint, didje long, perce cylindrique.
  • il faut souffler avec de la pression, les jeux rythmiques sont plus faciles ainsi que les survibrations. L'aspect intérieur peut jouer dans la BP: les ravins que les termites ont creusé à l'intérieur du conduit augmentent la résistance à l'air. Les courbes, les bosses, les parties gonflées dans les didges sont en général des signes de bonne backpressure et souvent d'un son de qualité.

BP basse

  • dans les cas contraires ou si la perce est conique (une perce cylindrique n'empêche pas la présence d'un pavillon).
  • il faut souffler avec beaucoup de débit (c’est le big bore ci-dessus), les jeux rythmiques et les survibrations sont plus difficiles mais les harmoniques plus facile à extraire(lorsque la BP est vraiment très faible il faut bien maîtriser le son filé et économiser son air au maximum).

Ainsi, pour avoir un didje aigu, dynamique et qui ne demande pas trop de débit d'air il faut que son ø intérieur (3 cm environ)soit plutôt faible et une perce plutôt cylindrique. Pour avoir un didje grave pas trop lent et riche en harmonique il faut une perce plutôt conique et un diamètre intérieur assez grand après l'embouchure (>4 cm ; mais pas de trop sinon ça le ralentit).